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ÉBBÈNE + CHANCE

08 Mai 2019 / 20:00

Tickets en vente le 15 mars à 11:00.

ÉBBÈNE

Issu des terres nordiques de Jacques Brel et dEUS, Ebbène se présente comme l’aventure d’un passionné qui croit aux pouvoirs du récit : mêlant storytelling et arrangements folk, les premiers titres du projet témoignent d’un lyrisme maîtrisé. S’il semble désenchanté, l’artiste se distingue par l’acuité d’un regard qui s’amuse à traquer les incohérences et les ratages du quotidien : qu’il s’agisse du triomphe de la conformité (« Tout le monde ne fait rien comme personne, et tout le monde a vu Barcelone », « T’as sûrement tatoué tes vingt ans ; tu parles encore en noir et blanc », sur « Barcelone ») ou des relations décevantes (« Depuis toi l’amour me va comme un coup de poing dans la gueule », sur « Tu devrais »), Ebbène déploie au fil de ses morceaux une poétique du détail délicate et corrosive, attentive à la signification des petits faits et gestes de ceux qui l’entourent.

Assumant une position de retrait, en marge de la cohue (« Je laisse passer les gens qui vivent », sur « Tu devrais ») sans pour autant céder au rêve impossible de « penser à ne penser à rien », l’artiste se présente comme un collectionneur de moments et de portraits (« J’ai un carnet bleu dans la poche où je note toutes les images », sur « Vert ») et affirme d’emblée qu’il faudra compter avec lui puisque, comme il l’indique, « Mordre la poussière n’est pas envisagé » (« Un »).

FACEBOOK : https://www.facebook.com/EBBENE/
INSTAGRAM : https://www.instagram.com/ebbenemusic/

CHANCE

Certains itinéraires tiennent au hasard des rencontres. Antoine Geluck Chance est bien placé pour le savoir. Depuis 2010, l’artiste bruxellois conjugue la chanson française à sa façon, mais nourrit volontiers sa musique d’autres sensibilités, d’opinions et avis motivés. À commencer par celui de Marc Moulin. Un jour, l’homme aux multiples talents souffle le mot Chance dans l’oreille d’Antoine et tout s’éclaire : une carrière solo voit le jour. Au printemps 2012, Antoine Geluck Chance publie un premier disque produit par Renaud Létang (Feist, Gonzales, Katerine).

Entre un piano et une guitare, les mélodies exposent les bribes d’une personnalité à part. Aujourd’hui, l’artiste se dévoile un peu plus encore à travers huit titres décontractés et affranchis, totalement libérés des modes. Rassemblés sous une pochette chatoyante, ces nouveaux morceaux tiennent d’abord à un lieu : le studio OTØMN. Caché dans les ruelles de la capitale européenne, l’endroit a connu plusieurs vies. D’abord voué à l’imprimerie, puis au cinéma, l’espace est à présent squatté par un collectif de graphistes et plasticiens. C’est là qu’Antoine Chance compose, là aussi qu’il se lie d’amitié avec Adrien Derez aka Solleck, un garçon plutôt porté sur l’animation visuelle. Les deux esprits se rencontrent et donnent corps à un univers hybride. Entre reflets et images projetées, couplets et refrains suspendus, une fresque synthétique se profile.

Enrichie par des textes signés Carl Roosens (Carl et Les Hommes Boites, Facteur Cheval) ou Marcel Kanche (Bashung, -M-), l’oeuvre délimite les contours d’un deuxième album. Toujours aussi minutieux, le chanteur ne calcule plus. Il va à l’essentiel, comme en atteste un nom de scène qui tient aujourd’hui en six lettres porte-bonheurs. Désormais, CHANCE écoute son coeur et laisse libre cours à ses envies. C’est une question de passion, une évidence aussi : perfection et émotions ne font pas nécessairement une grande chanson. L’inconnue est donc là, partout. Omniprésente, elle arpente les morceaux de ce nouvel album. Né dans l’urgence de l’instant, ce disque résulte d’une prise de risque optimale et d’intuitions fatales. Ici, les petits accidents de parcours ont été conservés. Envers et contre tout. Des premières prises de voix à quelques notes pianotées au détour d’une idée soudaine, des détails sont restés. Inchangés, imparfaits, mais tellement vrais.

En phase avec ses aspirations, CHANCE apporte un vent de fraîcheur à la chanson d’ici et d’ailleurs. En français dans le texte, ses mots s’évadent ainsi au-delà des clichés et classifications d’usage. Légers, en expansion dans l’espace, les nouveau morceaux cherchent la lumière (‘L’astre éclair’), l’absolu (‘Si vivante’). Ailleurs, le chanteur mise sur une économie de moyens. Une manière d’en faire moins pour dire beaucoup.

Exercice de haut vol, ‘St Denis’ incarne parfaitement ce minimalisme étincelant. Tandis qu’‘Éleonore’ promet le coup de foudre. Imaginé dans une ancienne salle de montage, ce disque est la bande-son d’un film imaginaire. Co-produit par le mystérieux Noza, finalisé dans les studios de Rémy Lebbos, cet effort artisanal met le relationnel au coeur de la création avec, en filigrane, une volonté d’élaguer, d’alléger le propos et d’offrir de la place aux mélodies. Sans complexe ni prise de tête, Chance ose le changement. Et ça lui réussit parfaitement.

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